
Exemples de contrats
Dans le cadre du projet DéPHY, porté par Institut de développement et d’innovation pédagogiques (IDIP) et l’Université de Strasbourg (2021-2022), un document a été élaboré afin de formaliser un accord de partage de ressources pédagogiques numériques et leur dépôt sur une plateforme de diffusion mutualisée.
Cet accord repose sur l’utilisation des licences Creative Commons (LCC), permettant une diffusion encadrée et conforme au droit d’auteur.
Bon à savoir
Ce document est lui-même diffusé sous licence Creative Commons. Il peut donc être réutilisé, adapté et modifié par les établissements qui en auraient besoin.
Accord de partage de ressources pédagogiquesCession de droits d’auteur
L’UOH met à disposition un exemple de contrat de cession de droits d’auteur, destiné aux établissements souhaitant encadrer juridiquement la production et la diffusion de ressources pédagogiques numériques.
Ce modèle s’appuie sur les dispositions du Code de la propriété intellectuelle et couvre notamment :
- la reproduction,
- la représentation,
- la diffusion numérique,
- la traduction de l’œuvre.
Articles du contrat
Article 1 : Objet
Le présent contrat a pour objet de convenir, conformément aux dispositions du code de la propriété intellectuelle, de la cession au producteur des droits dont l’auteur est titulaire sur son œuvre en vue d’en autoriser l’exploitation dans le cadre de la production de XXXXX.
Le contractant est auteur de l’œuvre XXXXX.
Article 2 : Exploitation de l’oeuvre
Le contractant cède au producteur pour une durée précisée à l’article 3, les droits identifiés ci-après.
Le droit de reproduction comprend :
– Le droit de reproduction et/ou de faire reproduire par tous procédés techniques connus ou inconnus à ce jour (notamment par enregistrement, mémorisation…) sur tous supports (notamment magnétiques, numériques, électroniques…) et en tous formats l’œuvre définie ci-dessus, et d’en faire établir en nombre qu’il plaira au producteur, tous originaux, copies et doubles, sur tous supports, en tous formats par tous procédés de fixation actuel ou futur.
– Le droit de procéder à tout acte de reproduction aux fins de circulation de l’œuvre, comme notamment le téléchargement, le stockage ou tout acte de fixation temporaire qu’implique la transmission numérique et la diffusion de l’œuvre sur le réseau, et ce, quel que soit son format et le procédé technique utilisé.
Le droit de représentation comprend :
– Le droit de mettre et/ou de faire mettre en circulation dans le monde entier les originaux, doubles et copies de l’œuvre, pour toute communication au public par les modes d’exploitation suivants :
- droit de représentation publique de tout ou partie de l’œuvre dans toutes les manifestations, conférences ou colloques relatifs à la diffusion du savoir universitaire,
- droit de répertorier, de classer et d’identifier l’œuvre dans une banque de données par les éléments suivants: titre de l’enregistrement, auteur, année de création, cote locale, cote de réseau et université de création.
- droit d’autoriser la reproduction et la représentation sur une banque de données d’extraits ou de résumés de l’œuvre, qu’ils soient écrits ou sonores, sous réserve du droit moral de l’auteur.
- droit de mettre et/ou de faire mettre en circulation l’œuvre sur le réseau international Internet.
Le contractant cède aussi son droit de traduction au producteur, ce qui implique le droit de traduire en toute langue l’oeuvre et ses adaptations, de reproduire ces traductions sur tous supports graphiques actuels ou futurs et de diffuser la traduction au public.
Tous les droits qui ne sont pas expressément cédés restent l’entière propriété de l’auteur qui en dispose à son gré et sans restriction aucune.
En conséquence, le producteur acquiert la qualité d’ayant droit du contractant pour l’exercice des droits ci-dessus cédés, que l’établissement producteur utilisera comme bon lui semble, notamment en passant des contrats d’édition, de production et de diffusion utiles à l’exploitation de l’œuvre.
Article 3 : Étendue géographique de l’autorisation d’exploiter l’œuvre
La présente cession est consentie par le contractant à titre exclusif au producteur, pour toute la durée de la protection légale accordée actuellement et dans l’avenir à l’auteur et vaut pour le monde entier notamment par la mise en circulation de l’œuvre sur le réseau international Internet.
Ce délai court à compter de la signature par les parties du présent contrat.
Article 4 : Garantie des droits cédés
L’auteur garantit expressément au producteur l’exercice paisible des droits cédés. Il déclare notamment que son œuvre est originale, qu’elle ne contient rien qui puisse tomber sous le coup des lois relatives à la diffamation, l’atteinte aux bonnes mœurs, le respect de la vie privée ou la contrefaçon.
Si l’œuvre utilise ou reproduit, même partiellement, des œuvres déjà existantes non tombées dans le domaine public, il appartient donc à l’auteur d’obtenir les autorisations nécessaires. Toutefois, si l’auteur ne peut obtenir tout ou partie de ces autorisations, il doit en informer le producteur en lui donnant tous les éléments permettant d’identifier les œuvres exploitées et leurs auteurs.
De façon générale, l’auteur garantit le producteur contre tous troubles, revendications, ou évictions quelconques, qui pourraient nuire à la jouissance entière et libre des droits cédés.
Article 5 : Obligations du producteur
Le producteur s’engage à conserver l’enregistrement original de l’œuvre.
Le producteur s’engage à effectuer à ses frais le dépôt légal de l’œuvre.
Le producteur s’engage à respecter le droit moral de l’auteur et notamment à mentionner sur chaque support comportant l’œuvre de l’auteur, le nom, le prénom et la fonction de l’auteur.
Article 6 : Rémunération
Pour l’exploitation de l’œuvre XXXXX, conformément aux différentes destinations et modalités définies aux articles 2 et 3, les droits cédés par le contractant pour l’exploitation de l’œuvre donnent lieu à une rémunération forfaitaire et définitive de XXXX € (somme en toutes lettres), rémunération forfaitaire unique à caractère libératoire.
Le producteur s’engage à verser cette rémunération à l’auteur sur présentation d’une note de droits d’auteur et à verser les cotisations sociales à l’Agessa.
Article 7 : Substitution
Le producteur aura la faculté de céder en tout ou partie les droits et obligations résultant du présent contrat à la condition d’en informer le contractant et d’imposer aux cessionnaires le parfait respect de ces obligations dont le producteur reste garant à l’égard du contractant.
Article 8 : Contestation
Tout litige né de l’exécution ou de l’interprétation de la présente convention et qui n’a pu être résolu par accord amiable entre les parties, sera soumis à l’appréciation des tribunaux compétents.
Le droit d’auteur et les licences creative commons
L’utilisation et la diffusion de ressources pédagogiques numériques soulèvent de nombreuses questions en matière de droit d’auteur.
Pour vous accompagner, nous mettons à votre disposition deux documents complémentaires :
- Un guide pratique sur les droits liés à l’usage et à la diffusion de documents selon leur format (texte, image, audio, vidéo, etc.)
- Une présentation des licences Creative Commons (LCC), pour comprendre comment partager vos productions en tant que ressources libres, selon différents niveaux d’ouverture.
FAQ réutilisation et partage de données qui ne sont pas sous licences libres
Vous vous interrogez sur l’utilisation de ressources qui ne sont pas sous licence libre dans vos enseignements ?
Nous vous proposons une FAQ répondant aux questions les plus fréquentes concernant :
- les autorisations nécessaires ;
- la réutilisation de contenus existants ;
- la diffusion de supports pédagogiques ;
- les limites du droit de citation.
Ce document :
- a été validé par un juriste en janvier 2022,
- n’est pas exhaustif,
De nombreuses questions reviennent régulièrement sur l’utilisation et la réutilisation d’oeuvres, de textes, d’images, de vidéos et autres formes de ressources existantes. Nous proposons ici de tenter de répondre aux questions qui nous sont le plus souvent posées.
Oui, il faut toujours effectuer la demande par écrit et surtout attendre d’avoir la réponse par écrit avant toute utilisation. Elle peut se faire par courrier ou par mail, l’essentiel étant qu’il y ait une trace écrite.
Pour réutiliser une œuvre multimédia, un site web ou un film, il faut contacter la Sacem. C’est l’unique organisme de gestion habilité à passer des contrats avec les utilisateurs.
Il faut également rédiger une demande d’autorisation par écrit. Pour une image, un simple courrier ou mail suffit.
Pour une banque d’images, il est parfois demandé de rédiger un contrat entre les parties. Il faudra nécessairement spécifier les conditions d’utilisation : le public, l’objectif, le tirage, etc. Dans tous les cas, il faudra attendre le retour par écrit pour accord de l’auteur avant toute utilisation.
- Il vous faut ouvrir la vidéo en question
- Allez dans la description de la vidéo, et vérifiez si elle est sous Licence Creative Commons (LCC).
- Si c’est bien le cas, la vidéo est libre de droit et vous pouvez ainsi la réutiliser en fonction du type de licence attribuée (toujours citer l’auteur, la modifier ou non, la partager en l’état et sous le même type de licence…)
- Pour un livre :
« Titre », Lieu d’édition, Editeur, année, page p.
Exemple : » Mémoires d’une jeune fille rangée », Paris, Gallimard, 1958, 365 p. - Pour un article :« Titre » dans titre du chapître en italique numéro, mois année, Titre de la revue ou du périodique, pp. début à fin.
Exemple : « Jérôme Bosch, une certaine vision de l’enfer » dans Histoire et et Civilisation numéro 48, mars 2019, Le Monde, pp. 74 à 89. - Pour un site internet :
il est d’usage d’indiquer la date de consultation du site en plus de l’adresse URL.
Il vous faut rédiger une demande d’autorisation par écrit à l’auteur ou éditeur. Que ce soit un simple courrier ou un contrat (pour une banque d’images par exemple), vous devrez préciser les conditions d’utilisation de l’image (public, objectif, tirage,…). Attendez l’accord écrit en retour avant toute utilisation.
Il faut faire la demande d’autorisation auprès de l’éditeur, en indiquant les pages identifiées pour les extraits et une copie écran des visuels permettant ainsi à l’éditeur de se prononcer. Bien préciser qu’il s’agit d’une ressource à vocation pédagogique
Toute personne quelle qu’elle soit, dispose d’un droit exclusif sur son image et l’utilisation de celle-ci. Que l’image soit utilisée brute ou faisant partie d’un montage photographique ou vidéo. … Ainsi, lorsque l’image est prise dans un lieu public, il vous faut obtenir l’autorisation de la (des) personne(s) isolées et reconnaissables.
Les Conditions Générales d’Utilisation (CGU) de YouTube sont claires : pas de réutilisation sans demander les droits. Sachant qu’il est rare de pouvoir obtenir une réponse en retour.
La diffusion d’une œuvre sur internet même avec l’autorisation du titulaire du droit d’auteur n’emporte pas autorisation de réutiliser l’œuvre.
Toute œuvre est protégée par le droit d’auteur ou des droits connexes, qu’il s’agisse de compositions musicales, de produits multimédia, d’articles de presse ou encore de productions audiovisuelles et ce quelle que soit sa forme (papier ou numérique).
Ce qui implique qu’il faut généralement demander l’autorisation du titulaire des droits avant d’utiliser une œuvre.
A défaut d’autorisation, il est possible de pointer vers du contenu certes protégé mais mis à disposition sur un autre site internet via des liens hypertextes.
L’exception pédagogique prévoit qu’un enseignant peut utiliser des extraits d’œuvres sans autorisation des auteurs pour illustration de son enseignement.
Cela est valable également pour l’élaboration et la diffusion de sujets d’examens ou de concours.
Cette activité doit avoir lieu sous la responsabilité d’un établissement d’enseignement :
- Soit dans ses locaux ou dans d’autres lieux, pour un public composé majoritairement d’élèves, d’étudiants ou d’enseignants directement concernés
- Soit au moyen d’un environnement numérique sécurisé accessible uniquement aux élèves, aux étudiants et au personnel enseignant de cet établissement.
Dans le cas où ces actes sont effectués au moyen d’un environnement numérique transfrontière au sein de l’Union européenne, ils doivent avoir lieu uniquement sur le territoire de l’Etat où l’établissement est établi.
Conformément à l’Ordonnance n°2021-1518 du 24 novembre 2021 – art. 1
Vous souhaitez approfondir vos connaissance ?
Consultez la ressource d’Évelyne Moreau et formez-vous au droit d’auteur et à l’image